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La Ville de Bourges a mis en service au
printemps, sur la voie publique, un dispositif de vidéo protection s'appuyant
sur trente-sept caméras. Le premier bilan du système est présenté comme “
positif ”.
On a coutume de dire que la sécurité
n'a pas de prix. Mais son coût est bel et bien palpable pour les collectivités
locales et, indirectement, le contribuable. La Ville de Bourges a ainsi
déboursé quelque 1,175 million d'euros (M€), en début d'année, pour doter ses
rues d'un dispositif de vidéosurveillance, vite rebaptisé « vidéo protection »
pour ne pas donner l'image d'un « big brother » espionnant la population.
Logique de prévention
Le système, qui balaie plusieurs quartiers de Bourges, s'appuie sur trente-sept
caméras « globe » pivotant à 360°, dont les images (enregistrées) sont
visionnées en direct 24 h sur 24 par des opérateurs de la police municipale.
Après trois mois de fonctionnement, le maire adjoint chargé de la sécurité,
Thierry Poisle, dresse « un premier bilan positif » de leur action. «
C'est un système efficace », analyse l'élu qui met notamment en
avant des résultats tangibles au niveau de la place Gordaine « où l'on a
moins de soucis » ou encore aux abords de l'hôtel de ville, où les
dégradations étaient régulières avant l'installation des caméras. Au-delà de ce
rôle de dissuasion, elles constituent, aux yeux du maire adjoint, un outil
permettant « d'accompagner ou de déclencher des interventions ».
Exemple, en mai dernier : les opérateurs du centre de supervision ont sollicité
le concours de la police nationale après avoir vu, à travers la caméra de la
place Planchat, qu'un individu se montrait particulièrement virulent vis-à-vis
des pompiers venus le secourir. « Il y a un très bon partenariat avec la
police nationale, poursuit Thierry Poisle. Nous avons d'ailleurs la
possibilité technique de lui transférer les images en cas de besoin. » De
là à transformer le dispositif en un système de surveillance, servant
d'auxiliaire pour les services d'enquêtes… « Nous ne sommes pas dans cette
démarche, mais bien dans le domaine de la prévention », cadre l'élu, en
rappelant qu'un comité d'éthique veille à une bonne utilisation des caméras,
dont la présence devrait bientôt être indiquée dans la ville par des panneaux.
Concernant une possible extension du dispositif, Thierry Poisle indique qu'elle
n'est pas, pour l'instant, d'actualité. « On se laisse un an pour voir
comment fonctionne le système, explique-t-il. On décidera alors s'il
faut redéployer les caméras, voire augmenter leur nombre. » On peut
effectivement s'étonner que certains lieux de rassemblement, comme l'esplanade
Mendès-France, au Val d'Auron, où un jogger a été agressé samedi dernier, et où
des jeunes évoluent (sans casque) sur des scooters, le week-end, au milieu des
enfants, « échappent » aujourd'hui à la vidéo protection.
Les tournées piétonnes d'agents municipaux qui devraient être mises en place, à
la rentrée, sur le Val d'Auron et l'Aéroport, en particulier aux abords des
bâtiments HLM, apporteront peut-être une solution, en terme de sécurisation. Et
éviteront, de fait, une inflation des caméras dans les rues de Bourges.
Johan GUILLERMIN
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